21 juillet 2006

Magdalena

A chaque fois que je mange du melon, je pense à l’Espagne….

J’avais 9 mois quand j’y suis allée pour la première fois (pas mal pour un premier vol en avion, non ?)
Nous y sommes retournées quelquefois avec Maman car Tante C. avait de la belle-famille là-bas et donc un pied-à-terre.
Je me souviens vaguement de ces vacances.
J’ai quelques flashs ; moi (peut-être 5 ans ?) couchée sur le ventre dans ma chambre, Maman assise au bord du lit m’enlevant des épines de ronces fichées dans mon dos … On m’a toujours dit que j’étais tombée dans une nid de serpents … je crois plutôt que Maman espérait qu’après ce mensonge et cette grosse frayeur, je ne tenterai plus de faire l’équilibriste sur le muret qui bordait la maison.
Je me rappelle aussi de ces nuits étouffantes, passées sur le balcon, enroulées comme des momies dans nos draps de lit, nous cherchions la fraîcheur tout en nous préservant des moustiques.
Il y également cet après-midi, assise, avec je ne sais plus qui, au pied d’un immense prunier, nous nous étions gavées de fruits suaves .. Mes oreilles bourdonnent encore du bruit assourdissant des centaines de guêpes venant boire avidement le sucre des fruits blets.
Je me souviens enfin de cette fin de journée où nous revenions du village, chargées de nos emplettes avec Maman et Tata. Nous peinions en montant la côte, l’air était lourd et soudain un orage a éclaté … trempées jusqu’aux os et tellement épuisées, nous avons eu un énorme fou rire … impossible de s’arrêter … finalement un espagnol nous a prises en stop.
La voiture était minuscule et le conducteur avait très certainement forcé sur la sangria … ça empestait le vin dans tout l’habitacle …nous, dégoulinantes et compressées, les sacs entassés pèle-mêle sur nos genoux et notre chauffeur qui n’arrêtait pas de parler … notre fou rire est reparti de plus belle…
Mais revenons-en au melon … nous en mangions beaucoup là-bas.
Pas cher, sucré et juteux, c’était la gourmandise de l’été.
Tata, qui déjà à l’époque bricolait, récupérait les pépins.

Une fois nettoyés et séchés au soleil, nous les montions sur un fil et on en faisait de jolis bracelets et des colliers.

Finalement ça change du collier de pâtes pour la fête des mères !

5 Comments:

Anonymous Thierry said...

Tu as vraiment beaucoup de talent pour nous emmener dans tes souvenirs, comme tu le fais, à partir d'une petite anecdote du quotidien. Est-ce la limpidité de tes phrases ou la construction de ton récit qui donne l'impression d'avoir vécu ces moments-là aussi ? Peu importe, à vrai dire, car je préfère me laisser doucement transporter.

21 juillet, 2006 21:33  
Blogger Gabbel said...

Quelque fois je me dis que mes phrases ne sont pas assez longues, pas assez explicites ni très descriptives mais c'est difficile de faire passer ces sensations surtout quand les souvenirs sont flous.
Je suis heureuse que malgré tout elles te transportent ...

22 juillet, 2006 00:57  
Anonymous Thierry said...

On dit que la meilleure longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent terre. Il en est de même pour les phrases que tu écris : en quelques mots tu sais définir une ambiance, cadrer un décor, cerner une idée. Cela ne retire absolument rien ni à ta sensibilité, ni à ton aptitude naturelle à transmettre des émotions. Bien au contraire. Que demander d'autre ?
Continue ainsi...
Et puis, surtout, un grand merci pour tout cela.

22 juillet, 2006 08:40  
Anonymous Ma Copine said...

Hum... du cantaloup ! :P C'est le seul fruit que je suis capable de manger, à part des bananes ! Les autres, j'y suis allergiques et je n'ai jamais su quel nom portait cette allergie-là ! lolll

Ton histoire est vraiment très belle et je me joins aux autres commentaires !

22 juillet, 2006 08:47  
Anonymous mariebruxelles said...

Pareil que Thierry et TaCopine : j'aime beaucoup ton style d'écriture. Il est toujours agréable à lire, fluide et les mots sont bien choisis.
Moi je dis : Encore ! :-)

22 juillet, 2006 15:18  

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