Hier fut une journée parfaite, de celle qui vous laisse un sourire sur les lèvres quand vous vous endormez …
Mon amoureux s’est aménagé une trêve dans son travail, nous décidons de la mettre à profit pour partir visiter le musée rural de l’éducation à Bothoa.
A notre grande surprise, c’est un fabuleux voyage dans le temps que nous avons effectué !
Nous commençons notre visite par le visionnage d’un film tourné en 1962 … ici pas de faux-semblant ! Tout est d’époque !
On assiste à l’arrivée de l’institutrice remplaçante qui venait de la ville dans sa belle Dauphine bleu ciel.
Les enfants suivent les cours de manière assidue, les bras croisés.
Soudain, je suis happée par mes propres souvenirs en voyant cette petite fille écrire la dictée au tableau, en même temps que ses compagnons dans leur cahier…. Oui, je me souviens …cette application toute enfantine pour essayer d’écrire droit dans la pénombre du tableau tourné face au mur pour que personne ne triche … puis l’institutrice le retournait et nous corrigions le texte ensemble …
Le film continue … les enfants vont à la cantine tenue par une certaine Jeannine qui leur sert une sorte de bouillie mais ils semblent tous l’apprécier et si ce n’est pas le cas, le verre de cidre placé face à leur assiette les aidera certainement ! Pour les professeurs, même repas mais avec un verre de vin.
La journée se termine par un cours de musique, les enfants chantent accompagnés par le professeur au violon.
A côté de l’écran de projection, une petite exposition nous présente des objets d’écolier. 





Tout en traversant la cour, notre guide nous explique que l’école a été créée en 1931 et accueillait dès le mois d’octobre 50 enfants et l’année suivante 73 !
En octobre 1933, une deuxième institutrice est nommée, sa classe fonctionnera jusqu’en 1941 dans une maison louée au bourg par la commune.
Après la seconde guerre, les effectifs baissent régulièrement et une classe disparaît en 1967.
Le 30 juin 1977, la fermeture définitive de cette école de campagne qui scolarisa 408 enfants est effective.
L’école, propriété communale, a été transformée en musée en 1994.
Nous nous dirigeons vers une maison imposante construite dans un coin de la cour.
(La maison photographiée depuis la rue)
C’est la maison de l’institutrice.
C’est une maison assez grande et avec tout le confort moderne de l’époque … pourtant si les professeurs avaient une grande notoriété, ils n’avaient qu’un maigre salaire.
Mais l’institutrice était mariée à un contrôleur des impôts qui gagnait donc bien sa vie et ils partageaient la maison avec le grand-père, retraité de la Marine et qui avait une bonne pension.
Tout a été reconstitué à l’identique… dans l’entrée, les manteaux paraissent avoir été accrochés à la patère à l’instant.
Nous commençons par la cuisine. Superbe !

Ce qui nous a vraiment impressionnés durant toute la visite ce sont tous ces petits détails de la vie courante qui avaient été retrouvés.
Le lustre avec un poids.
La magnifique cuisinière avec la cafetière.
Le moulin à café en haut à gauche et derrière le petit poêlon, le fer à repasser.
A droite de la cuisinière vous devinez un robinet … si dans chaque pièce il y a un poêle à charbon et l’électricité, il n’y avait pas l’eau courante, c’est pourquoi, à l’aide du broc, ils remplissaient le côté droit du fourneau avec l’eau cherchée au puits. Ils pouvaient ainsi utiliser le dessus comme bain-marie et par en dessous récupérer de l’eau chaude.
Le petit coin vaisselle (les eaux usées étaient récupérées dans un seau en dessous de l’évier).
A droite un garde-manger et le panier pour essorer la salade.

Les propriétaires aimaient beaucoup faire des pique-niques, voilà pourquoi on retrouve à gauche un réchaud au pétrole.
La guide était vraiment sympa et tentait de faire participer les enfant en visite avec nous … elle leur demandait souvent le nom ou la fonction d’un objet … elle a bien tenté de poser une colle aux adultes en montrant l’objet derrière la cuisinière mais j’ai épaté la galerie en donnant la bonne réponse … et ce grâce à qui ? Grâce à MarieBruxelles !
Eh, oui, il s’agissait d’un machine pour torréfier le café … un objet qu’il fallait découvrir il y a peu sur son blog !
La guide était très étonnée car peu de gens connaissent ce type d’objet, elle m’a demandé si je faisais les Puces ou autre … « non, non j’ai une amie qui aime nous poser des énigmes en nous montrant de vieux objets » ai-je bafouillé :-)
Toujours dans la cuisine, une vieille TSF.
Pas d’eau courante ? Qu’importe, tout le confort moderne avec ce petit lave-mains !
Tous les objets ont été chinés ou donnés mais les meubles sont ceux de l’institutrice.
Dans le salon, la douceur de vivre au son du phonographe …





A l’étage, 3 chambres.
D’abord celle du grand-père.
Tout y est … le coin toilette…
Le lit moelleux …
La table de nuit avec l’inhalateur et le mouchoir brodé (et caché dans la table, le pot de chambre)
Un petit coin couture a été installé pour la maîtresse de maison.
Dans la chambre des parents …
La superbe lingère avec son contenu fabuleux : draps brodés, chaussons, couches en tissu et couvertures pour emmailloter le bébé, que l’on nommait lange.
Bébé a bien entendu son berceau…
Dans un coin de la pièce, derrière un paravent …
Le coin toilette …
A droite, la brillantine et à gauche dans le sachet…du shampoing en poudre ! Et dans la petite boite argentée du savon-dentifrice. (Il fallait mouiller sa brosse à dent puis la frotter dessus).
Et pour finir, à côté, une toute petite chambre, celle de Juliette la petite fille de la maison.
Il est temps à présent de rentrer en classe !
Assis sur les bancs de l’époque, nous écrivons péniblement à la plume les problèmes soumis au tableau …



Mon amoureux reçoit même un bon point !
Au programme des récitations : pour le cours préparatoire : Maurice Carême et le cours élémentaire : Edmond Rostand.
Au cours de moral : la conscience, le devoir, la famille. Devoirs envers les parents et grands-parents (respect, obéissance, reconnaissance).

Notre département s’appelait encore les Côtes du Nord.
Répartition des productions bretonnes.
Le calcul … ma bête noire ...

Le temps en suspens … le maître vient d’enlever son tablier gris … il est peut-être dans la cour ?
Non personne …

L’espace d’un instant nous entendons le bruit des cerceaux roulant dans le gravier (notre guide est assez douée).
… puis le silence …
Nous sortons, laissant derrière nous plus de souvenirs que nous ne pouvons en imaginer …
Une merveilleuse visite que je vous conseille vivement !